Réapprendre à utiliser des produits simples et de saison ?

          En Europe, l’exode rural qui eut lieu au 19e siècle, en parallèle à la première Révolution Industrielle, éloigna une grosse majorité de la population des zones de culture. Après s’être éloignés de la production agricole pendant plus d’un siècle, beaucoup d’entre nous tentent de retrouver la trace de notre alimentation, en se demandant d’où vient notre mode de production et de consommation. Dans cette démarche, nombreux sont ceux qui s’y opposent et qui élaborent divers moyens de le remplacer.

CHAMPS

 

L’industrialisation du contenu de nos assiettes

 

          D’après le dictionnaire Larousse, l’industrialisation est un processus social et économique visant à accroître la rentabilité des moyens de production et d’échange en la faisant davantage dépendre des progrès techniques et scientifiques. Ce phénomène prend racine en Europe durant le 18e siècle. Mais l’industrie de l’alimentation que nous connaissons tous aujourd’hui est née durant la deuxième phase d’industrialisation du continent, de 1880 jusqu’en 1930.

Après la Seconde Guerre Mondiale, la population européenne augmente fortement, dû au Baby Boom. Cette croissance démographique subite conforte les politiques et les industriels de l’agro-alimentaire dans leur façon de produire : remplacement – quand cela est possible – des moyens humains par des machines et utilisation accrue d’intrants agricoles, tels que les produits phytosanitaires (antiseptiques, herbicides, insecticides, certains engrais, etc.).

 

Des conséquences humaines, environnementales et sanitaires

 

          Ce type d’agriculture, dite intensive, a permis durant le 20e siècle, d’augmenter de manière significative les rendements de la production agricole et de diminuer les coûts de production. Ainsi, la population agricole a fortement baissé dans les pays développés (elle ne représente plus que 5% de la population active, d’après l’INSEE, alors qu’elle était fortement majoritaire au début du 17ème siècle).

La pénibilité du travail des agriculteurs a également diminué grâce à la mécanisation, suivie généralement d’une augmentation des revenus, mais au prix d’une très forte perte d’emploi agricole. Il se crée alors un déséquilibre financier insurmontable entre l’agriculteur doté des mécaniques nécessaires pour baisser le prix de ses produits et celui aux techniques dites archaïques dont les prix ne peuvent pas baisser. Les agriculteurs de la deuxième catégorie peuvent se retrouver dans des situations dramatiques du fait de leur endettement, d’où les manifestations régulières. De plus, les pays dits en voie de développement n’ont pour la plupart pas pu profiter des avantages ou des richesses escomptées par l’agriculture moderne, dite conventionnelle, par manque de capital financier, de savoir-faire. Les conditions politiques de ces pays n’ont pas joué en leur faveur. Enfin, ce modèle agricole pose de nombreux problèmes environnementaux, comme la pollution des sols et de l’air, l’épuisement des nappes phréatiques, la dispersion de substances cancérigènes, la diminution des pollinisateurs tels que les abeilles (pourtant essentielles au fonctionnement de l’agriculture), de la biodiversité en général, etc. Sans parler des risques sanitaires pour les agriculteurs et les consommateurs, telles que le scandale de la viande de cheval ou encore la crise des œufs contaminés ; exemples très récents.

 

Un mouvement citoyen ?

 

          “Aujourd’hui, on peut se contenter d’ouvrir un sachet sous vide, le passer au micro-ondes et ajouter une sauce surgelée pour se donner l’illusion d’avoir fait la cuisine.” comme le disait Philippe Frémeaux (journaliste économique et éditorialiste au magazine économique Alternatives Economiques). L’agriculture intensive est accusée d’être pratiquée aux dépens des considérations environnementales, d’où son rejet par un certain nombre de producteurs et de consommateurs.

L’agriculture biologique – soumise aux normes françaises / européennes – est la seule à garantir la protection de l’environnement, notamment en prohibant l’utilisation des pesticides. En 2015 , en France, seules 5 % des surfaces agricoles étaient cultivées de manière biologique, d’après l’Agence bio. Aujourd’hui, de plus en plus de consommateurs sont désireux de savoir ce qu’ils mangent ! Ils surveillent ainsi la provenance de leurs produits, leur contenance en produits toxiques, cancérigènes, dangereux pour la santé… Ces “consommacteurs” militent, par le boycott, pour une agriculture plus raisonnée, locale, plus saine et écologique.

AMAP Champagne Ardenne

© AMAP de Champagne-Ardenne

La distribution alternative

 

  Pour répondre à cette forte demande émanant du peuple, des acteurs de la distribution alternative proposent de fournir des produits de qualité, frais, locaux pour la plupart. La Ruche qui Dit Oui offre un service simple : faire ses courses par le biais de son site internet mettant en relation des consommateurs et des producteurs locaux (environ 200 km autour du point de vente).

La Ruche qui dit oui ! : 15,8%, services compris - Oui ...

© La Ruche qui Dit Oui – Magazine

“Locaux, frais, fermiers : découvrez et cuisinez les meilleurs produits de votre région.”, clâme La Ruche qui Dit Oui sur son site

Pourtant, le type d’exploitation n’est pas précisée (bio, permaculture, etc.).

Également en opposition à la grande distribution, les Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne, communément appelées AMAP, regroupent des bénévoles s’étant mis d’accord de créer un “contrat de partage” avec les producteurs : ces derniers fournissent des produits de qualité provenant de leur exploitation et les consommateurs s’engagent à payer un prix juste pour ces produits. Ils sont frais, de qualité et le plus souvent bio. Les producteurs s’assurent donc un revenu régulier et demeurent indépendants des contraintes de la grande distribution ! Nous pensons que les AMAP sont l’une des pionnières et des plus honnêtes formes d’économie collaborative et d’économie sociale et solidaire. De plus, chaque Association se doit d’établir une charte respectant multiples principes, comme “être solidaire”et “respecter la nature”…panier paysan uzerche

[Annuaire des AMAP : http://www.reseau-amap.org/recherche-amap.php]

 

La vente directe

 

          On l’oublie peut-être trop facilement, dans cette ère du super/hypermarché, mais il est tout à fait possible de se déplacer jusqu’à la ferme pour consommer : à l’occasion de cueillettes organisées par les producteurs ou tout simplement de ventes sur le lieu de production. En plus, chaque ville possède un ou plusieurs jours de marchés, généralement, lors desquels des producteurs régionaux se déplacent pour faire découvrir leurs produits. Certains rachètent même des locaux afin de former des coopératives paysannes. Ces dernières s’installent un peu partout en France depuis quelques années. Elles permettent aux producteurs de conserver la totalité de leur indépendance car c’est eux qui gèrent la production et la distribution de A à Z !

 

Faire pousser soi-même, vers l’autonomie !

 

          Certains citadins ressentent le besoin de retourner à la terre. C’est de ce constat que sont nés les jardins partagés. Simple loisir pour certains, thérapie anti-stresse pour d’autres, chacun y trouve son compte. Cependant, nombreux utilisent ces parcelles cultivées pour se nourrir ! C’est une n-ième façon de manger et de produire en communauté, tout en refusant le poids de la grande distribution. Beaucoup de Français retournent également dans leur propre jardin, ou investissent leur balcon quand c’est possible ! Un grand nombre de ces paysans des temps modernes mettent en application les règles de la permaculture. Cette forme d’agriculture est basée sur trois grands principes, d’après Permaculture Sans Frontière :

  1. prendre soin de la Terre et de toutes ses formes de vie ;
  2. prendre soin des personnes et bâtir la communauté
  3. redistribuer les surplus (à la terre et aux personnes)

 

Réseau de Permaculture en Loire-Atlantique

©La Permaculture en Loire-Atlantique

L’agriculture biologique

 

          De manière générale, favoriser l’agriculture biologique, peu importe sa façon de consommer, reste un atout majeur pour la protection de l’environnement, car elle s’inscrit dans une démarche de développement durable. Elle n’utilise aucun engrais chimique, pesticide – sauf “d’origine naturelle” comme le sulfate de cuivre minéral composant de la bouillie bordelaise -, produit industriel de synthèse ou Organisme Génétiquement Modifié (OGM) et met en place le recyclage des matières organiques, la rotation des cultures, respecte les cycles biologiques de l’environnement, l’état des sols, de l’eau, de l’air et des ressources naturelles, ainsi que l’autonomie des agriculteurs. C’est une agriculture respectueuse de la terre, des petits animaux et insectes, du consommateur et du producteur.

Bio Cohérence, le nouveau label bio français                Nature et progrés - adhésion- modalité et tarif                  Logo du label bio européen               Demeter | Livona - Der Bio-Blog           

©Bio Cohérence  ©Nature et Progrès     ©Bio Préférences      ©Demeter         ©AB
Ainsi, il existe de nombreuses façons alternatives de modifier sa consommation en fonction de ses habitudes et de l’investissement personnel de chaque citoyen… Il existe forcément une solution pour tout individu souhaitant retrouver des aliments produits dans des circonstances plus responsables que ce qui est proposé par l’industrie agro-alimentaire.

 

          De plus en plus d’acteurs, à l’instar d’Intrépide, prennent en compte notre mode de vie contemporain, dans lequel tout va beaucoup plus vite, et le besoin de manger sainement, en collaborant avec des agriculteurs bio et français, ainsi qu’en utilisant des produits végétaux et complets.  La transparence est d’autant plus importante, qu’ils essaient d’établir un lien de confiance avec le consommateur et de rester à l’écoute de ce dernier et des producteurs. 

 

Et vous, quelle solution préférez-vous ?

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